Ils s'appellent Ezechiel, Carmen, Ethan, Gina... et ont entre 3 et 11 ans. Ils logent aux Razes, dans des caravanes, le long du CD12. Chaque matin, depuis le début du mois d'octobre, Guillaume Juanico passe les prendre en minibus pour les emmener à l'école Georges Brassens. Retour sur un mois d'expérimentation.

"Cette action a été mise en place pour permettre aux enfants des gens du voyage d'être assidus en classe", explique Claire Martin, responsable du pôle Enfance. En effet, l'absentéisme touche principalement ces enfants. Et, dans cette situation, l'éducation nationale a menacé les parents de leur supprimer les allocations familiales.
Absentéisme
Les raisons de cet absentéisme sont multiples : pendant que les papas font le marché, le matin, les mamans qui n'ont pas le permis de conduire, n'ont pas forcément envie d'effectuer le trajet à pied, jusqu'à l'école, le long de la route Départementale. Et puis, les parents n'accordent pas toujours une priorité absolue à l'école. "Savoir lire et écrire, c'est l'essentiel pour eux, qui ont bien souvent arrêté l'école en 6e", poursuit Guillaume.
Rigolo, le minibus
Aussi, patiemment, ce jeune tisse des liens avec les familles. Il est bien accepté, car les enfants et leurs parents le connaissent : pendant 2 ans, il a été éducateur vie scolaire à l'école G. Brassens, où il surveillait les cantines, encadrait les études du soir...
Peu à peu, les enfants trouvent ça rigolo, le minibus. Et leurs parents confient plus facilement leurs ouailles, sans faire monter une maman comme au début. Trois enfants vont en maternelle et 14 autres en école primaire. Etant donné qu'il n'y a que 9 places dans le minibus, Guillaume fait des allers-retours, le matin, et retourne chercher les enfants à 11h30, où il peut faire le point avec les instituteurs. Il constitue le lien entre l'école et les familles, et pour l'instant, tout se passe vraiment bien, constate-t-il. Il y a parfois quelques loupés, comme cette fois, où, un lundi matin, Guillaume arrive au campement et doit repartir bredouille : tout le monde dort encore car la veille c'était jour de fiançailles..." Ces gens payent ce service, entre 0,60 centimes d'euros et 2,40 euros, comme s'ils mettaient leurs enfants en périscolaires, aussi c'est important qu'ils soient responsables : ils auraient au moins pu me prévenir pour que je me déplace pas pour rien".
Projets
Beaucoup d'actions sont encore à mettre en place selon Guillaume : "Aux mamans qui restent toute la journée au camping, des cours d'alphabétisation pourraient leur être proposé (elles parlent espagnol et un peu français). A l'école les enfants des gens du voyage restent entre eux, or ce serait bien qu'ils s'ouvrent aux autres, pour expliquer leur culture, et effacer la mauvaise image qu'en ont la plupart des gens". Si certains garçons poursuivent leurs études au collège, les filles, elles, généralement n'y vont pas. Les parents préfèrent les garder avec eux et leur font suivre des cours par correspondance. Une autre action à mettre en oeuvre pourrait être d'aider ces enfants à faire leurs devoirs.
Des projets pensés pour que les gens du voyages tissent des liens avec des personnes extérieures au campement, pour un enrichissement mutuel.
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